ACFAS 2026 : Appel à communications
0
18 décembre 2025
Colloque du mardi 12 mai 2026
Télécharger la version PDF ici.
Depuis quelques années, les discours haineux envers les personnes LGBTQ+ et autres groupes minorisés reprennent de l’ampleur, accentuant les divisions sociales et politiques (GRIS-Montréal, 2025 ; Kingsbury & Findlay, 2024). Ces discours construisent souvent une vision dichotomique des « bons » versus « mauvais » jeunes Québécois·es, fondée sur des critères normatifs liés au genre, à l’origine ethnique, à la classe ou à la religion (Geoffroy, 2025). Les personnes migrantes, racisées et musulmanes se trouvent particulièrement vulnérabilisées par ces mécanismes de stigmatisation et de restigmatisation, qui alimentent les perceptions négatives et les formes renouvelées d’exclusion sociale (Chbat et al., 2023 ; Institut de la statistique du Québec, 2024). Amplifiée par les réseaux sociaux et certains médias, la circulation de ces discours influence à la fois les attitudes du grand public et les pratiques institutionnelles et éducatives (Gingras-Dubé et Chbat, sous presse). Cette polarisation a des effets tangibles sur la santé mentale, l’intégration sociale et l’accès aux droits des jeunes minorisé·es, renforçant ainsi les inégalités existantes (Kingsbury & Findlay, 2024 ; Geoffroy, 2025). Elle complexifie également l’accompagnement des jeunes par les intervenant·es scolaires et communautaires, qui ne sont pas toujours adéquatement outillé·es.
Plusieurs recherches soulignent le manque de formation et de ressources permettant d’intervenir de manière critique et inclusive auprès des jeunes LGBTQ+ et issus de la diversité ethnoculturelle (INSPQ, 2023 ; MSSS, 2022). En l’absence de cadres sensibles aux rapports de pouvoir et à l’intersection des identités, les pratiques professionnelles peuvent, bien malgré elles, reproduire la précarité sociale et symbolique des jeunes (Projet SAVIE-LGBTQ, 2023 ; Institut de la statistique du Québec, 2024). Enfin, ce contexte s’inscrit dans un régime d’hypervisibilité et d’invisibilité : certains groupes sont surmédiatisés comme « menaces », en même temps que les jeunes migrant·es queers, trans ou musulman·es, demeurent effacé·es des représentations légitimes. Par ailleurs, certains discours pro-LGBTQ+ sont instrumentalisés pour renforcer des hiérarchies sociales, raciales et culturelles, opposant un « Québec égalitaire et laïc » à des groupes perçus comme « rétrogrades et extrémistes » (Bilge, 2012 ; Benhadjoudja, 2017), des jeunes trans et non binaires aux « droits des femmes », ou encore les jeunes trans aux jeunes qui détransitionnent (Gelly et al., 2025). Ces tensions imposent aux jeunes minorisé·es des injonctions contradictoires : être visibles, mais seulement dans des formes socialement acceptables. Loin de favoriser une inclusion réelle, ces dynamiques reproduisent la précarité sociale et symbolique, tout en masquant les inégalités structurelles qui traversent les discours contemporains de droits humains.
Pertinence et objectifs
La thématique de ce colloque s’inscrit au coeur des débats sociaux et politiques qui traversent le Québec et le Canada, dans un contexte marqué par la montée des discours haineux, polarisants et nationalistes. Ces discours, amplifiés par les réseaux sociaux et certains médias, contribuent à la stigmatisation des jeunes minorisé·es, particulièrement ceux et celles à l’intersection des appartenances migrantes, racisées, musulmanes et LGBTQ+ (GRIS-Montréal, 2025 ; Geoffroy, 2025; Dyer et al 2025; Horton et al 2024). En construisant une opposition entre des identités perçues comme « modernes et égalitaires » et d’autres jugées « rétrogrades ou menaçantes » (Bilge, 2012 ; Benhadjoudja, 2017), ces narratifs participent à la reproduction d’inégalités structurelles et à l’érosion du vivre-ensemble.
Ce colloque co-organisé par le GRIS-Montréal et la CRC ReParE vise à examiner de manière critique les mécanismes de production et de circulation de ces discours, ainsi que leurs effets sur les pratiques d’accompagnement, d’éducation et d’intervention. Il mettra en dialogue des chercheur·es, intervenant·es et acteur·rices communautaires pour comprendre comment la polarisation sociale influence les représentations des jeunes minorisé·es, mais aussi les réponses institutionnelles et professionnelles qui leur sont offertes.
En abordant les dynamiques d’hypervisibilité et d’invisibilité qui traversent les discours contemporains de « tolérance » et de « diversité », cette journée cherchera à penser autrement l’inclusion : non pas comme adaptation à une norme dominante, mais comme transformation collective des conditions de reconnaissance et d’appartenance. L’intégration de perspectives intersectionnelles et décoloniales permettra de dépasser les approches individualisantes et de proposer des pistes concrètes pour soutenir les jeunes dans des milieux traversés par la polarisation, tout en outillant les intervenant·es à agir de manière critique, réflexive et transformatrice.
Axes thématiques
Les propositions pourront s’inscrire dans l’un des axes suivants (sans s’y limiter) :
Discours haineux et polarisation sociale : construction des “bons” et “mauvais” jeunes Québécois·es
Cette première séance explorera la montée des discours haineux et polarisants dans l’espace public et médiatique québécois. Les communications analyseront comment ces discours participent à la production d’une opposition symbolique entre des jeunes perçus comme « bons citoyens » et d’autres jugés « menaçants », en fonction de critères normatifs liés au genre, à la religion, à la classe ou à l’origine ethnique. En examinant la circulation de ces représentations dans les médias, les institutions et les réseaux sociaux, cette séance mettra en lumière les logiques de normalisation et de stigmatisation qui structurent la jeunesse contemporaine.
Axe 2
Tensions intergroupes et appartenances multiples : entre solidarité et stigmatisation
Cette séance portera sur les dynamiques relationnelles qui émergent dans un contexte de polarisation accrue. Les présentations examineront comment les jeunes naviguent entre différentes appartenances sociales, culturelles et identitaires dans un environnement marqué par la méfiance et les hiérarchies implicites. Il s’agira de comprendre comment se construisent, mais aussi se fragilisent, les solidarités entre groupes minorisés, et comment les discours publics sur la diversité et la laïcité participent à redéfinir les frontières du « nous » et du « eux ».
Axe 3
Conséquences sociales et institutionnelles des discours haineux : exclusion, marginalisation et stigmatisation
Cette séance se penchera sur les effets concrets de la polarisation sur la santé mentale, la socialisation et l’accès aux droits des jeunes minorisé·es. En croisant les perspectives de la recherche, de l’intervention et de l’éducation, les communications mettront en lumière les mécanismes par lesquels les institutions — scolaires, communautaires ou médiatiques — peuvent involontairement reproduire des rapports d’exclusion. Cette réflexion permettra d’identifier les leviers de transformation des pratiques institutionnelles vers des approches plus critiques, équitables et transformatrices.
Axe 4
Résistances et pratiques d’intervention : promouvoir l’inclusion, le dialogue et le care
La dernière séance mettra l’accent sur les formes de résistance et de création qui émergent face aux discours haineux. Chercheur·es, praticien·nes et acteur·rices communautaires présenteront des initiatives favorisant la réflexivité, le dialogue intergroupe et les pratiques de care comme outils de justice sociale. En valorisant les savoirs situés et les perspectives intersectionnelles, cette séance ouvrira des pistes pour une action collective capable de contrer la haine, soutenir la santé mentale des jeunes et transformer durablement les milieux de vie.
Format
Le colloque se déroulera sur une journée, soit le mardi 12 mai 2026 de 9h à 17h.
Il aura lieu à l’Université du Québec à Trois-Rivières.
Les communications seront d’une durée de 15 minutes, suivies d’une période de discussion.
Les communications théoriques, empiriques, méthodologiques, créatives, militantes ou issues de partenariats communautaires sont les bienvenues.
Veuillez prendre note que les personnes participantes devront s’inscrire au Congrès de l’ACFAS. Le colloque aura lieu en format hybride.
Modalités de soumission
Pour soumettre une proposition de communication, veuillez faire parvenir les informations suivantes :
Marianne Chbat
marianne.chbat@gris.ca
Comité scientifique et coresponsables du colloque
Télécharger la version PDF ici.
Depuis quelques années, les discours haineux envers les personnes LGBTQ+ et autres groupes minorisés reprennent de l’ampleur, accentuant les divisions sociales et politiques (GRIS-Montréal, 2025 ; Kingsbury & Findlay, 2024). Ces discours construisent souvent une vision dichotomique des « bons » versus « mauvais » jeunes Québécois·es, fondée sur des critères normatifs liés au genre, à l’origine ethnique, à la classe ou à la religion (Geoffroy, 2025). Les personnes migrantes, racisées et musulmanes se trouvent particulièrement vulnérabilisées par ces mécanismes de stigmatisation et de restigmatisation, qui alimentent les perceptions négatives et les formes renouvelées d’exclusion sociale (Chbat et al., 2023 ; Institut de la statistique du Québec, 2024). Amplifiée par les réseaux sociaux et certains médias, la circulation de ces discours influence à la fois les attitudes du grand public et les pratiques institutionnelles et éducatives (Gingras-Dubé et Chbat, sous presse). Cette polarisation a des effets tangibles sur la santé mentale, l’intégration sociale et l’accès aux droits des jeunes minorisé·es, renforçant ainsi les inégalités existantes (Kingsbury & Findlay, 2024 ; Geoffroy, 2025). Elle complexifie également l’accompagnement des jeunes par les intervenant·es scolaires et communautaires, qui ne sont pas toujours adéquatement outillé·es.
Plusieurs recherches soulignent le manque de formation et de ressources permettant d’intervenir de manière critique et inclusive auprès des jeunes LGBTQ+ et issus de la diversité ethnoculturelle (INSPQ, 2023 ; MSSS, 2022). En l’absence de cadres sensibles aux rapports de pouvoir et à l’intersection des identités, les pratiques professionnelles peuvent, bien malgré elles, reproduire la précarité sociale et symbolique des jeunes (Projet SAVIE-LGBTQ, 2023 ; Institut de la statistique du Québec, 2024). Enfin, ce contexte s’inscrit dans un régime d’hypervisibilité et d’invisibilité : certains groupes sont surmédiatisés comme « menaces », en même temps que les jeunes migrant·es queers, trans ou musulman·es, demeurent effacé·es des représentations légitimes. Par ailleurs, certains discours pro-LGBTQ+ sont instrumentalisés pour renforcer des hiérarchies sociales, raciales et culturelles, opposant un « Québec égalitaire et laïc » à des groupes perçus comme « rétrogrades et extrémistes » (Bilge, 2012 ; Benhadjoudja, 2017), des jeunes trans et non binaires aux « droits des femmes », ou encore les jeunes trans aux jeunes qui détransitionnent (Gelly et al., 2025). Ces tensions imposent aux jeunes minorisé·es des injonctions contradictoires : être visibles, mais seulement dans des formes socialement acceptables. Loin de favoriser une inclusion réelle, ces dynamiques reproduisent la précarité sociale et symbolique, tout en masquant les inégalités structurelles qui traversent les discours contemporains de droits humains.
Pertinence et objectifs
La thématique de ce colloque s’inscrit au coeur des débats sociaux et politiques qui traversent le Québec et le Canada, dans un contexte marqué par la montée des discours haineux, polarisants et nationalistes. Ces discours, amplifiés par les réseaux sociaux et certains médias, contribuent à la stigmatisation des jeunes minorisé·es, particulièrement ceux et celles à l’intersection des appartenances migrantes, racisées, musulmanes et LGBTQ+ (GRIS-Montréal, 2025 ; Geoffroy, 2025; Dyer et al 2025; Horton et al 2024). En construisant une opposition entre des identités perçues comme « modernes et égalitaires » et d’autres jugées « rétrogrades ou menaçantes » (Bilge, 2012 ; Benhadjoudja, 2017), ces narratifs participent à la reproduction d’inégalités structurelles et à l’érosion du vivre-ensemble.
Ce colloque co-organisé par le GRIS-Montréal et la CRC ReParE vise à examiner de manière critique les mécanismes de production et de circulation de ces discours, ainsi que leurs effets sur les pratiques d’accompagnement, d’éducation et d’intervention. Il mettra en dialogue des chercheur·es, intervenant·es et acteur·rices communautaires pour comprendre comment la polarisation sociale influence les représentations des jeunes minorisé·es, mais aussi les réponses institutionnelles et professionnelles qui leur sont offertes.
En abordant les dynamiques d’hypervisibilité et d’invisibilité qui traversent les discours contemporains de « tolérance » et de « diversité », cette journée cherchera à penser autrement l’inclusion : non pas comme adaptation à une norme dominante, mais comme transformation collective des conditions de reconnaissance et d’appartenance. L’intégration de perspectives intersectionnelles et décoloniales permettra de dépasser les approches individualisantes et de proposer des pistes concrètes pour soutenir les jeunes dans des milieux traversés par la polarisation, tout en outillant les intervenant·es à agir de manière critique, réflexive et transformatrice.
Axes thématiques
Les propositions pourront s’inscrire dans l’un des axes suivants (sans s’y limiter) :
- Discours haineux et polarisation sociale : construction des “bons” et “mauvais” jeunes Québécois·es
- Tensions intergroupes et appartenances multiples : entre solidarité et stigmatisation
- Conséquences sociales et institutionnelles des discours haineux : exclusion, marginalisation et stigmatisation
- Résistances et pratiques d’intervention : promouvoir l’inclusion, le dialogue et le care
Discours haineux et polarisation sociale : construction des “bons” et “mauvais” jeunes Québécois·es
Cette première séance explorera la montée des discours haineux et polarisants dans l’espace public et médiatique québécois. Les communications analyseront comment ces discours participent à la production d’une opposition symbolique entre des jeunes perçus comme « bons citoyens » et d’autres jugés « menaçants », en fonction de critères normatifs liés au genre, à la religion, à la classe ou à l’origine ethnique. En examinant la circulation de ces représentations dans les médias, les institutions et les réseaux sociaux, cette séance mettra en lumière les logiques de normalisation et de stigmatisation qui structurent la jeunesse contemporaine.
Axe 2
Tensions intergroupes et appartenances multiples : entre solidarité et stigmatisation
Cette séance portera sur les dynamiques relationnelles qui émergent dans un contexte de polarisation accrue. Les présentations examineront comment les jeunes naviguent entre différentes appartenances sociales, culturelles et identitaires dans un environnement marqué par la méfiance et les hiérarchies implicites. Il s’agira de comprendre comment se construisent, mais aussi se fragilisent, les solidarités entre groupes minorisés, et comment les discours publics sur la diversité et la laïcité participent à redéfinir les frontières du « nous » et du « eux ».
Axe 3
Conséquences sociales et institutionnelles des discours haineux : exclusion, marginalisation et stigmatisation
Cette séance se penchera sur les effets concrets de la polarisation sur la santé mentale, la socialisation et l’accès aux droits des jeunes minorisé·es. En croisant les perspectives de la recherche, de l’intervention et de l’éducation, les communications mettront en lumière les mécanismes par lesquels les institutions — scolaires, communautaires ou médiatiques — peuvent involontairement reproduire des rapports d’exclusion. Cette réflexion permettra d’identifier les leviers de transformation des pratiques institutionnelles vers des approches plus critiques, équitables et transformatrices.
Axe 4
Résistances et pratiques d’intervention : promouvoir l’inclusion, le dialogue et le care
La dernière séance mettra l’accent sur les formes de résistance et de création qui émergent face aux discours haineux. Chercheur·es, praticien·nes et acteur·rices communautaires présenteront des initiatives favorisant la réflexivité, le dialogue intergroupe et les pratiques de care comme outils de justice sociale. En valorisant les savoirs situés et les perspectives intersectionnelles, cette séance ouvrira des pistes pour une action collective capable de contrer la haine, soutenir la santé mentale des jeunes et transformer durablement les milieux de vie.
Format
Le colloque se déroulera sur une journée, soit le mardi 12 mai 2026 de 9h à 17h.
Il aura lieu à l’Université du Québec à Trois-Rivières.
Les communications seront d’une durée de 15 minutes, suivies d’une période de discussion.
Les communications théoriques, empiriques, méthodologiques, créatives, militantes ou issues de partenariats communautaires sont les bienvenues.
Veuillez prendre note que les personnes participantes devront s’inscrire au Congrès de l’ACFAS. Le colloque aura lieu en format hybride.
Modalités de soumission
Pour soumettre une proposition de communication, veuillez faire parvenir les informations suivantes :
- Titre de la communication
- Nom de la/des personnes autrices
- Statut et institution/organisme de rattachement
- Courriel des personnes autrices
- Résumé de 250 à 300 mots
Marianne Chbat
marianne.chbat@gris.ca
Comité scientifique et coresponsables du colloque
-
- Annie Pullen Sansfaçon, Professeure titulaire à l’école de travail social, UdeM
- Marianne Chbat, Directrice de la recherche au GRIS-Montréal
- Olivier Vallerand, Professeur agrégé faculté d’aménagement-École de design, UdeM
