« Vieillir sans honte », est-ce possible ?

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17/05/2017
andreakpenou

En avril 2015, nous mettions en place le projet Vieillir sans honte afin d’aller à la rencontre des personnes âgées lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans* (LGBT) vivant en résidence. Effectivement, craignant d’être victimes de discrimination, leur entrée dans des milieux de vie spécialisés rime souvent avec retour dans le placard et isolement.

En cette journée contre l’homophobie et la transphobie, quel est le bilan de cette initiative ? Afin d’en évaluer la portée, notre comité recherche a analysé les commentaires de quelques résident.es parmi les 300 personnes rencontrées et est allé à la rencontre de nos bénévoles ainsi que des milieux qu’ils ont visités.

 

Libérer la parole

Dans les questionnaires complétés par les aîné.es après le passage de nos bénévoles, les commentaires positifs sont légion. Une femme de 64 ans nous indique ainsi : « Rencontre très intéressante. Vous savez créer un espace de non-jugement et de partage. Merci de votre ouverture. »

La configuration des rencontres, réalisées pour la plupart du temps en petit comité, favorisent effectivement un climat d’échange et d’écoute.

Des bénévoles nous racontent : «Deux dames se sont rendu compte qu’elles avaient toutes les deux vécu la même situation : vivre le coming out de leur mari après avoir fondé une famille et avoir vécu des années ensemble. En parler a pu rompre leur isolement par rapport à cette partie importante de leur vie. »

Grâce à ces dialogues, des liens peuvent également être renoués. « Dans une résidence pour personnes semi-autonomes, il y avait une personne dont la sœur était lesbienne, avec qui ses parents avaient coupé les ponts, et elle disait que tout ça lui donnait le goût de reprendre contact avec sa sœur. » témoigne une bénévole.

 

« J’ai appris qu’il n’y a pas de sujet tabou »

Du côté des équipes d’animation travaillant dans les résidences, nous retrouvons le même son de cloche: les interventions du GRIS offrent une occasion de parler de sujets généralement peu abordés par les aîné.es.

La discrimination et la violence verbale notamment liées à l’orientation sexuelle se font également plus rares après le passage du GRIS.

Et si ces ateliers libèrent la parole chez les résident.es, ils la libèrent également chez ces professionnel.les qui sont désormais plus à l’aise de parler d’orientation sexuelle, de discriminations et de violence verbale dans le cadre de leurs interventions.

Enfin, les milieux réticents au départ ont découvert qu’il était possible de parler de tout avec les aîné.es, comme nous le confiait une des animatrices: « [J’ai appris] que les résidents ont une bonne réception à ce sujet-là, [il faut] leur offrir plus d’informations » et  d’ajouter : « Il n’y a pas de sujet tabou. »

 

Le dialogue: un art essentiel

Ces expériences montrent l’importance de rendre les réalités LGB auprès des aîné.es plus visibles. Les personnes âgées ont des questions qui restent sans réponses et des histoires personnelles qui ne demandent qu’à être partagées. Leur offrir un espace sécuritaire pour témoigner et questionner présente un double avantage: celui de briser leur isolement, et d’améliorer leur compréhension ainsi que leur confort par rapport à l’homosexualité et la bisexualité.

Afin de poursuivre cet essentiel travail de démystification, nous sommes toujours à la recherche de nouveaux milieux partenaires ouverts à accueillir nos bénévoles.

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