C’est avec notre célèbre autobus scolaire jaune qu’Éliott a eu son premier contact avec le GRIS-Montréal il y a six ans, lors du défilé de la Fierté. Trois ans plus tard, il suit sa formation intensive pour devenir intervenant, réalise 15 ateliers de démystification et s’implique dans plusieurs comités de l’organisme. Son engagement se poursuit même chez lui, puisque sa blonde Talia, est également intervenante au GRIS ! Celui qui aime refaire le monde avec cette dernière juste avant de s’endormir nous dévoile en 7 points son parcours au GRIS, ses aspirations et ses réflexions.

 

1. Bonjour Éliott ! Commençons par les présentations !

Mon nom est Éliott, j’ai 25 ans et je suis une personne trans hétérosexuelle. J’ai fait un premier coming out en tant que lesbienne vers l’âge de 15 ans, puis un coming out trans l’année passée. Mon processus de transition m’a permis de faire la paix avec moi-même et cela m’a notamment permis de connaître le vrai amour, celui que je partage depuis près de trois ans avec ma merveilleuse copine Talia. Ensemble, nous avons des projets plein la tête, à commencer par celui de vivre simplement. Côté professionnel, je travaille comme technicien-analyste audiovidéo judiciaire pour la police de Montréal et mon métier me passionne énormément puisqu’il me permet de rallier mon intérêt pour le monde judiciaire et ma passion pour les technologies. Enfin, le sport d’équipe, c’est toute ma vie ! Mais comme j’ai moins de temps à y consacrer en vieillissant, je pratique surtout des sports individuels, tels que le vélo !

 

2. Raconte-nous ta première rencontre avec le GRIS !

À l’âge de dix-neuf ans, j’habitais dans un appartement avec 4 colocs, dont ma blonde de l’époque. Lorsqu’elles ont appris que je n’avais jamais assisté au défilé de la Fierté, elles m’y ont trainé « de force ». Il faut comprendre que j’avais alors peur d’être confronté à moi-même en voyant tous ces gens ouvertement affichés. Une fois sur place, j’étais assez discret et observateur jusqu’à ce qu’un gros autobus jaune attire mon attention. Quelqu’un a dû le remarquer puisque trente secondes plus tard j’avais entre les mains un dépliant qui expliquait ce qu'était le GRIS et pourquoi il avait besoin de moi. J’ai gardé ce dépliant pendant plusieurs années, accroché dans un miroir, avant de me décider à assister à une réunion d’information. C’est une fois sur place que j’ai réalisé à quel point j’avais une opportunité en or d’ouvrir l’esprit des jeunes comme j’aurais voulu qu’on ouvre le mien au même âge.

3. Le GRIS, c’est un organisme de 250 bénévoles gais, lesbiennes et bisexuel.les qui luttent quotidiennement contre l’homophobie en allant raconter leur vécu dans les écoles. Mais encore ?

Le GRIS, c’est un peu le morceau de casse-tête qu’il me manquait. J’ai grandi sans modèle ou même connaissance LGBT et cela m’a en quelque sorte éloigné de qui j’étais vraiment. Plus jeune, je ne me sentais pas appartenir à la communauté et je me voyais mal débarquer dans le village en criant que j’avais besoin d’amis ! Le GRIS c’est une marée de gens généreux et courageux dont j’ai pu m’inspirer afin de puiser la force nécessaire pour exister, pour exister pour vrai.

4. Qu’est-ce qui t’allume le plus dans ton implication ?

Le travail d’équipe entre tous les membres du GRIS. Je suis fier de faire partie d’une aussi grande équipe (lire famille) et de militer passivement aux côtés de gens aussi dévoués. Je suis de ceux qui croient en la force du nombre et que collectivement, rien n’est inatteignable. Je suis à même de constater concrètement les changements qu’on apporte dans la vie des gens, en classe comme ailleurs, et ça me donne encore plus le goût de me dépasser.

5. Si tu avais reçu la visite du GRIS plus jeune, qu’est ce que le jeune Éliott aurait aimé savoir ?

Que tout allait bien aller.

6. Dessine-nous l’école idéale !

Pour moi l’école idéale serait un endroit où tu n’as rien à prouver à personne pour être toi-même et être respecté. Pendant tout mon secondaire, je me suis caché derrière mes performances sportives pour acheter le respect de littéralement toute l’école. C’était ma façon de me rendre invulnérable et inatteignable tout en étant différente parce que j’étais lesbienne. Par contre, j’en ai vu d’autres qui, malheureusement, n’avaient rien de concret derrière quoi se cacher et ont été victimes d’intimidation. Encore à ce jour, je trouve ça injuste.

7. Ta blonde est aussi au GRIS, est-ce que vous en parler le soir avant d’aller vous coucher ? ;)

En fait, oui ! Comme on se raconte inévitablement nos journées et que Talia fait beaucoup d’interventions dernièrement, on ne peut pas passer à côté de quelques anecdotes ici et là. Aussi, le GRIS est à la base de plusieurs de nos conversations « existentielles », que ce soit à la sortie d’une formation continue ou bien en parallèle avec un fait vécu ou une nouvelle de l’actualité. On aime ben ça refaire le monde avant de se souhaiter de beaux rêves.